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Écriture · Grammaire · Voix passive

Collez du texte : les résultats apparaissent au fur et à mesure que vous tapez.

La voix passive n’est pas une erreur

La voix passive est le bon choix quand vous ne savez pas qui a fait quelque chose, quand cela n’a pas d’importance, ou quand la phrase porte sur ce qui subit l’action. Cet outil les compte ; il ne vous dit pas de les supprimer.

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Détecteur de voix passive

Collez votre texte pour repérer chaque construction passive, phrase par phrase, et voir d’un coup d’œil où voix active et passive s’équilibrent dans votre texte.

Qu’est-ce que la voix passive ?

En français, une phrase est à la voix active lorsque le sujet fait l’action : « Le comité a validé le projet. » Elle passe à la voix passive quand le sujet subit l’action — c’est le passif périphrastique, construit avec le verbe être conjugué (est, sont, était, étaient, fut, furent, sera, seront, a été, ont été...) suivi d’un participe passé qui s’accorde en genre et en nombre avec le sujet : « Le projet a été validé par le comité », « Les propositions ont été retenues ». C’est cette construction, la plus reconnaissable, que ce détecteur de voix passive repère phrase par phrase dans votre texte.

Mais repérer la voix passive en français ne se limite pas à chercher être plus participe. Le français évite ce passif périphrastique bien plus que l’anglais, et lui préfère deux tournures qui n’ont pas la même forme : le pronom on suivi d’un verbe actif (« on a construit le pont » plutôt que « le pont a été construit »), et le passif pronominal (« ce vin se boit frais », « ces livres se vendent bien »), où un verbe à forme pronominale porte un sens passif sans jamais utiliser être. Un texte peut ainsi être entièrement dépourvu d’agent explicite — on ne sait jamais qui a construit le pont — tout en ne contenant presque aucun passif périphrastique au sens strict.

C’est une nuance que la plupart des correcteurs ignorent, et qui compte : opposer voix active et passive n’a de sens que si l’on sait ce qu’on est réellement en train de compter. Cet outil se limite volontairement au passif périphrastique, la seule construction qu’une analyse de surface peut repérer de façon fiable, et il l’explique plutôt que de prétendre couvrir tout ce que le français fait pour effacer l’agent d’une phrase.

Comment utiliser cet outil

  1. Collez votre texte dans le grand champ de saisie : les statistiques et la liste des passifs se recalculent à chaque frappe, sans rien envoyer nulle part.
  2. Réglez le curseur qui fixe à partir de combien de mots une phrase compte comme longue — 25 mots par défaut, à ajuster selon le genre de texte que vous rédigez.
  3. Lisez les résultats le nombre de phrases, la part contenant un passif, le nombre de phrases longues, la longueur moyenne et la phrase la plus longue, puis la liste de chaque construction passive relevée — qui précise si une expression d’agent introduite par « par » suit ou non — et la liste des phrases longues avec leur nombre de mots.

Quand la voix passive est le bon choix

La plupart des outils de correction traitent la voix passive comme une faute à éliminer systématiquement. Ce n’est pas notre position. La voix passive est le bon choix chaque fois que l’agent est inconnu, sans intérêt, ou trop évident pour valoir la peine d’être nommé : « Le suspect a été arrêté hier soir » n’a pas besoin de préciser quel policier a passé les menottes, et « ce type d’erreur est corrigé automatiquement » se moque de savoir par quel mécanisme.

Elle est aussi le bon choix quand ce qui subit l’action est le vrai sujet du propos : un rapport scientifique décrit ce qui a été mesuré, pas qui a manipulé la pipette ; un texte de loi énonce ce qui est interdit, pas qui l’a rédigé ; un article de presse peut vouloir garder le focus sur la victime plutôt que sur l’auteur présumé, tant que l’enquête n’a pas tranché. Le français scientifique, juridique et journalistique s’appuie sur ce choix constamment, et volontairement.

Cet outil compte les passifs et vous montre où ils se trouvent ; il ne vous dit jamais d’en changer un. Transformer une phrase passive en phrase active est parfois une amélioration, et parfois une perte d’information — ce jugement reste entièrement le vôtre, phrase par phrase.

Ce que l’outil détecte, et ce qu’il ne détecte pas

Le détecteur cherche une forme du verbe être (est, sont, était, étaient, fut, furent, sera, seront, été, être, suis, es, sommes, êtes) suivie d’un participe passé, en tenant compte de l’accord en genre et en nombre que le français marque sur ce participe : construit, construite, construits, construites, et ainsi de suite. Les participes irréguliers sont gérés spécifiquement — fait, dit, vu, mis, pris, écrit, ouvert, couvert, offert, découvert, conduit, construit, détruit, produit, traduit, acquis, compris, appris, remis, avec toutes leurs formes accordées — parce qu’aucun d’eux ne suit le modèle régulier en -é.

Deux tournures qui rendent l’agent tout aussi absent ne sont volontairement pas détectées, et c’est la limite la plus importante de cette page : le passif pronominal (« ces livres se vendent bien », « cela se dit couramment ») et la construction avec on (« on a construit le pont »). Distinguer un passif pronominal d’un réfléchi ordinaire (« il se lave ») ou d’un verbe essentiellement pronominal (« il s’est souvenu ») demande une analyse syntaxique réelle ; une heuristique fondée sur l’orthographe signalerait à tort une grande partie du français courant. Un détecteur bruyant serait pire qu’une lacune honnête. Le point sur on mérite d’ailleurs d’être retenu pour lui-même : le français préfère largement on plus un verbe actif là où l’anglais recourrait au passif, ce qui fait qu’un texte français peut se lire comme entièrement dépourvu d’agent tout en ne contenant presque aucun passif périphrastique formel.

Autre piège, propre au français : être suivi d’un participe passé n’est pas toujours un passif. Les verbes qui prennent être comme auxiliaire aux temps composés — aller, venir, partir, arriver, rester, tomber, naître, mourir et quelques autres — donnent des formes comme « elle est partie » ou « il est né », qui sont un passé composé actif, pas un passif, bien qu’elles aient exactement la même forme être plus participe accordé. Une heuristique fondée sur la forme ne peut pas trancher ce cas, pas plus qu’elle ne peut trancher si « la porte est fermée » décrit une action (quelqu’un la ferme) ou un état (elle n’est pas ouverte) : ce sont des ambiguïtés que seul le sens permet de lever, et le français en offre une version au moins aussi délicate que l’anglais.

Cette difficulté n’est pas propre au français. Le même moteur, appliqué à l’anglais, a été vérifié sur un jeu de 54 phrases construit à la main pour couvrir chaque forme de passif anglais, avec 100 % de précision et 100 % de rappel. Passées dans deux outils publiés reconnus, ce même jeu donne 42 correctes sur 54 pour compromise, un véritable analyseur grammatical, et 43 sur 54 pour write-good, un correcteur de style très utilisé ; sur de la prose réelle, les trois implémentations sont en désaccord sur environ 5 % des phrases. Ce n’est pas une évaluation du français, seulement la preuve que détecter la voix passive est un problème réellement difficile, sur lequel des implémentations sérieuses divergent — ce qui reste un rappel utile que cet outil est une heuristique sur la forme des mots, pas une analyse du sens.

Pourquoi cet outil est gratuit

Tout se passe dans votre navigateur : le texte que vous collez n’est jamais envoyé à un serveur, ni analysé par un modèle de langage. La détection du passif et le calcul des statistiques sont du code JavaScript ordinaire qui tourne sur votre machine, ce qui rend l’outil instantané et ne coûte strictement rien à faire fonctionner, quel que soit le nombre de personnes qui l’utilisent.

Il n’y a donc aucune raison de demander un compte, un abonnement, ou de limiter le nombre de phrases que vous pouvez vérifier : pas d’inscription, pas de filigrane sur un résultat qui n’est de toute façon que du texte, pas de quota caché. Vous pouvez recoller un texte de vingt mots ou de vingt pages, autant de fois que vous voulez.